IronMan Lanzarote 2018

IronMan Lanzarote 2018

Samedi 26 mai a eu lieu l’IronMan de Lanzarote en Espagne. Olivier, Christian, Xavier, Stéphane et Marco ont fièrement représenté le club.

Stéphane, pour qui c’était son deuxième IM a accepté de partager le contre rendu de sa course.

 

Conditions météo : bonnes selon les standards canariens, c’est à dire du vent (mais pas trop) et de la chaleur (mais pas trop). On est quand même content que ça souffle un peu, on ne veut pas d’un IM au rabais.

Natation : on se retrouve avec Xavier, Marco et Christian dans le sas. L’ambiance est détendue, « à la cool », on est tous impatients de partir. On s’est tous défoncés à la prépa, on est prêts et confiants. A Lanza, c’est une « mass star », tradition oblige, c’est à dire qu’au coup de pistolet, tout le monde part, les pros, les filles, les garçons, les jeunes, les vieux…BIM ! BAM ! Ça cogne au départ, mais c’est l’esprit. Les « rolling start », c’est chiant ! Sur ma natation, malgré un chrono médiocre, je suis plutôt content à froid, car pour une fois je ne l’ai pas subi : je suis parti comme si je jouais la gagne, en sprintant puis en effectuant une succession de plongeons jusqu’à pouvoir commencer à nager (j’avais vu un mec la veille s’entrainer en réalisant sur la plage une dizaine de répétitions de départs ; il faut être curieux, on apprend toujours en triathlon).

La natation à Lanza, c’est deux tours avec sortie à l’australienne, et disons que je suis plutôt content du premier et déçu par le deuxième où je mets 20 minutes de plus. Pas besoin de se torturer le ciboulot pour trouver la cause, je ne suis pas nageur « naturel » donc il me faut une concentration extrême pour arriver à nager à peu près correctement, et à partir du moment où je perds cette concentration tout part en sucette. Ici c’est arrivé sur le retour du deuxième tour, il y avait un peu de courant contraire, je commençais à fatiguer un peu, je perds le groupe sur lequel je m’étais arrimé une bonne partie du parcours. Pas plus pour me pourrir la natation, les derniers 800 mètres ont été rudes.

Je termine la natation en 1h40’17 (1 449 eme au scratch). Avec du recul, je pense que j’aurais pu faire 1h20.

T1 : Elle se fait dans un bon timing, sans temps morts. A regarder le temps à T1, ce n’est pas très rapide me direz-vous, mais il faut savoir que Lanzarote c’est un caillou, un beau caillou, mais un caillou quand même, et qu’il faut se préparer à passer la journée sans voir le moindre petit bout d’ombre. Crème solaire OBLIGATOIRE, et gare à celui qui pour gagner deux minutes passe outre (c’est souvent mon cas), c’est le troisième degré assuré. Il faut savoir également qu’une bonne partie de la transition se fait dans le sable, et encore une fois, il vaut mieux perdre deux ou trois minutes à bien se désensabler les petons avant de sauter dans les chaussures. Sinon, je n’imagine même pas le supplice de rouler 180 kils avec du sable plein les groles. Le pompon, c’est que je dois aussi prendre soin de mon petit doigt que j’ai brisé en mille morceaux à la SaintéLyon cet hiver, et qui est encore sensible aux vibrations du guidon. Je réalise donc une syndactylie qui consiste juste à attacher mon doigt à son voisin avec de l’Elasto et une petite compresse entre les deux (ce n’est pas John Rambo non plus) ! Avec tout ça, on dépasse les dix minutes de transition, une éternité, enfin ce n’est pas du XS non plus, sur IM, il vaut quand même mieux prévenir que guérir.

Je sors de T1 en 10’21.

Vélo : Nous y voilà…ce qui fait la renommée de l’IM de Lanzarote, c’est la difficulté de son parcours vélo, et les paysages grandioses traversés, et c’est vrai, on en prend plein les yeux. Lanzarote est une île volcanique, battue constamment par le vent, pas grand-chose ne pousse, c’est aride, lunaire, les amateurs de végétation luxuriante passeraient leur chemin, pour les autres, si j’étais youtubeur, je dirais « Just WOOOHHH !!!!!! » Bien que remanié cette année, le parcours reste fidèle aux classiques de l’épreuve : boucle dans le Parc Naturel des Volcans, montée de Timanfaya, du Mirador de Haria suivi par celle du Mirador del Rio. Cyril Viennot résume bien le parcours 2018, « une boucherie » si l’on se réfère à ce qu’il écrit dans son retour sur la course, « plus dur que l’ancienne version », l’IM « le plus difficile que j’ai fait jusqu’à présent ». Et c’est vrai que c’est dur, très dur. Le parcours ne te laisse pas de répit, pas un moment où tu peux souffler. Les deux descentes, vers Haria après le Mirador et celle qui suit le Mirador del Rio sont rapides et techniques, tu prends vite plus de 80 sur les prolongateurs, il faut donc rester concentré, ce n’est pas vraiment ce que l’on peut qualifier de reposant. Avec Marco et Xavier, on a fait les devoirs, une semaine de stage sur l’île en février pour reconnaitre le parcours. On sait donc à quoi s’attendre, et même si l’on s’est basé sur le parcours de 2017, les grosses difficultés déjà citées ont été travaillées. Revenons à la course, dès le départ, on rentre dans le vif du sujet, une première montée régulière d’une dizaine de kilomètres avec parfois des pourcentages qui augmentent sur quelques centaines de mètres et qui obligent, pour rester dans le rythme, à déjà relancer en danseuse. Au bout d’une demi-heure, tu te dis que rouler à l’économie, cela sera pour un autre jour. Suit une partie roulante, plutôt descendante où l’on peut enfin se poser sur les prolongateurs jusqu’au Parc Naturel des Volcans. Là je reprends Marco, déjà en train d’évacuer le trop-plein dans un espace naturel protégé, le cuistre. Outre la pénalité qu’il risque de se prendre, je me dis qu’il va encore râler sur sa moyenne. La boucle dans le parc naturel est à couper le souffle, quelles vues ! C’est indescriptible. Je me relève parfois des prolongateurs, c’est vraiment sublime. La monté de Timanfaya nous ramène rapidement sur terre (ou sur la lave plutôt). Cette séquence, on la connait bien pour y être passé trois fois dont une en descente en février. C’est un faux-plat dont le pourcentage augmente progressivement pour finir avec une belle bosse. Tout ça en ligne droite et le vent dans le pif. On sait grâce à notre repérage que l’on doit être patients, bien se caler sur son vélo et attendre la fin du calvaire. En haut de la bosse, je me rassure, les jambes sont là et le mental également. La tête et les guiboles devront aller de concert pour sortir pas trop cramer de cet enfer. Pas grand-chose à signaler sur les dizaines de kilomètre qui suivent, la montée vers Teguise, plusieurs fois parcourue lors de notre stage, est toujours aussi pénible, d’autant plus que l’on sait que l’on enchaîne ensuite avec les deux « miradores » Haria et del Rio. L’ascension vers le Mirador de Haria, je la redoute, en février, c’est ici où j’ai le plus souffert. Les premiers kilomètres en lacets présentent un bon pourcentage, mais rien de trop brutal non plus, sauf qu’ici un virage sur deux c’est le vent en pleine poire, et la ça se complique méchamment. Sur cette portion, je reprends Christian, on discute deux minutes, il est bien sorti en nat’, pas loin de Xavier qui est un peu plus en avant dans la montée. Je respire un bon coup car je sais que le plus costaud arrive ; la dernière partie de la grimpette est moins pentue, mais avec le vent de face, et le vent à cet endroit, c’est comme si tu avais des dizaines de mecs qui te tirent vers l’arrière avec des cordes. C’est simple, tu n’avances pas. Debout sur les pédales, scotché à 12 à l’heure. Au loin, tu aperçois un champ d’éoliennes, et là, tu te dis que les gus ne sont pas cons, s’ils ont planté leur bazar ici, c’est pour une bonne raison, rendement maximum assuré. Le Mirador de Haria, c’est un des points les plus haut de l’île, rien ici ne vient ralentir le vent. Alors, on ne se complique pas la vie, on reste humble, on se fait le plus petit possible sur le vélo, on met tout à gauche et on pédale en attendant le sommet. C’est ici que je double Xavier, sans le savoir, qui s’est arrêté au ravito individuel pour casser la croûte. La descente vers Haria n’est pas compliquée mais il faut rester concentré car on prend très vite de la vitesse et les virages en épingle sont fermés comme il se doit, les freinages sont bien appuyés, et il faut faire attention aux mains trempées par la sueur qui ont tendance à ripper sur le guidon du CLM. Après la traversée du village d’ Haria débute l’ascension vers le Mirador del Rio. Elle n’est pas commode non plus, mais selon moi moins difficile que celle du Mirador de Haria. Les pourcentages sont plus féroces certes, mais assez courts, et entrecoupés de faux plats montants ou descendants qui permettent de reprendre son souffle. Mais arrivé en haut, la récompense, la claque, la vue est à pleurer, avec en contrebas l’ile de la Graciosa, la bien nommée. C’est indescriptible, il faut le voir, c’est tout. On se relève quand même un peu pour contempler cette merveille avant de tourner en épingle vers la descente qui nous ramènera au niveau de l’océan. Ce tronçon est le plus rapide de l’IM, une bonne dizaine de kilomètres de descente avec le vent plutôt favorable. Ça va vite, à la montre, sur les prolos, on file à plus de 80 km/h, ça guidonne un peu quand le vent passe de côté mais on reste sécure. Le moral bien remonté par cette portion rapide, on se dit que le plus dur est derrière nous. Ce n’est pas faux, mais pas tout à fait vrai non plus. La portion roulante de la LZ1 se fait bien, même si le vent qui normalement devrait être plus favorable à cet endroit est plutôt de côté, puis rebelote avec le retour sur Teguise par une autre route cette fois, mais au moins aussi pénible que la première. Je maudis mille fois ce bled qui ne remontera dans mon estime que le lendemain après avoir découvert « La Palmera », sa musique live et ses mojitos à la fraise. Passé Teguise, le retour vers Puerto del Carmen se dessine, non sans avoir cependant fait un petit détour vers Playa de Famara que l’on aperçoit au loin avant de faire demi-tour. C’est magnifique, mais ce « U-Turn », je m’en serais quand même bien passé, surtout que les premiers signes de crampes font leur apparition. Je ne m’affole pas pour autant, j’ai fait attention à l’hydratation donc il n’y a pas de raison de me retrouver tétanisé, je lève un peu le pied, passe sur le petit plateau pour mouliner un peu et j’étire les cannes sur le vélo. Ça passe, il doit rester quoi, 30 bornes plutôt en descente, c’est plié. Regonflé à bloc, j’envoie un peu dans la descente vers Puerto del Carmen (ça passe beaucoup mieux dans ce sens, on s’en serait douté). J’en ai bavé mais j’ai vaincu le vélo de Lanza.

Je pose le vélo en 6h44’23 (602 eme au scratch). Très satisfait de mon temps. Je ne pense pas que j’aurais pu aller plus vite.

T2 : Pour les mêmes raisons que T1, la transition est plutôt longue même sur IM, tu récupères le sac de CAP sur la plage, donc il faut une fois encore t’enlever le sable des pieds avant d’enfiler les chaussettes, sinon je pense que c’est abandon direct au premier kil. Puis vient le badigeonnage de crème solaire, il est à peu près 15 heures quand je débute la CAP, et commençant à connaître le panorama, je ne m’attends pas vraiment à un parcours ombragé.

Je sors de T2 en 09’09.

CAP : Le parcours à Lanza, c’est 3 tours, dont le premier boucle le semi, suivi de deux tours d’un peu plus de 10 kilos chacun. Sur le papier, un peu plus de 300 de D+. Quand tu t’attaques à Lanza, tu te focalises sur le vélo, tu repasses mille fois le parcours, tu viens l’hiver le reconnaître au virolo prêt, tu gères le matos, les pneus, les roues, tout est passé au crible, le moindre détail, et puis tu négliges le marathon. Un coup d’œil rapide sur le parcours, y’aura du vent, il f’ra chaud, un ravito tous les 3 ou 4 bornes et voilà. Avec le recul, ce fut mon erreur, ne pas m’être plus penché sur la spécificité du parcours. 300 de D+, c’est que dalle sur 42 km sauf qu’à Lanza ils sont bien répartis, ce n’est jamais plat, c’est une succession de petites bosses qui n’ont l’air de rien mais avec le vélo dans les pattes, la chaleur et le vent, te font bien mal. C’est idiot, on peut travailler ce genre de typologie à l’entraînement. Sans cela, pas moyen de stabiliser une allure (nul besoin de préciser que l’allure cible travaillée à l’entrainement est écartée au bout de 500 mètres), je subis le parcours, je pioche dans les montées et les descentes sont douloureuses pour les jambes. Le semi qui correspond au premier tour est un chemin de croix, surtout que le parcours nous emmène longer l’aéroport d’Arrecife, et que dans le coin, le public se fait rare. On serre les dents et on essaye de se libérer l’esprit, de ne pas penser à la chaleur qui te plombe, au vent qui te freine, aux jambes qui font mal, et de se dire que les autres souffrent pareil que toi. A la fin du premier tour, je croise Marco qui marche, il me fait signe que ce n’est pas bon, qu’il s’est fait mal sur le vélo. Comme toujours sur IM, le passage vers la ligne d’arrivée, même s’il te reste encore un bon bout pour la franchir te remet un peu de peps, le public, l’ambiance, la musique. Ça va donc un peu mieux au début du deuxième, j’arrive à retrouver un semblant de linéarité dans ma course entre deux ravitos ou je décide de ne pas m’arrêter, mais de marcher vite, ce qui me donne le temps de bien m’hydrater en m’aspergeant de flotte, en alternant soit du coca, ou de l’iso, et de manger un peu (banane, orange ou gel). A la dernière poubelle, je jette mon gobelet et je relance, et il va en être ainsi à tous les ravitos, l’importance de se trouver une routine pour te vider l’esprit. Dans le deuxième, je croise Xavier et Christian, ils sont bien, surtout Xavier que je croiserai ensuite régulièrement. Je commence à reprendre également pas mal de coureurs qui m’avaient doublé dans le premier semi lorsque j’étais dans le dur ; on est bien sûr à des années lumières des premiers, mais cela reste une course, et les autres athlètes, des concurrents, on ne va pas se mentir, c’est stimulant de passer devant. Sans courir comme un cabri, la foulée restant bien collée au bitume, le deuxième tour est bien meilleur que le premier, et le deuxième bracelet une fois enfilé, un rapide calcul m’amène à penser que le sub-13 est encore possible si j’accélère le tempo, il reste un peu plus de 10 kilos et je viens de retrouver un objectif autre que celui de finir ; je vais m’arracher les tripes, mais je finirai en moins de treize heures. L’accélération n’est pas brutale certes, (je ne passe pas soudainement à 4’ du kilo) mais réelle, les ravitos sont plus dynamiques. Ma montre tombe en rade, je n’ai plus d’autres repères que mes sensations, arrivé au demi-tour où un chrono est installé, je sais que le sub-13 est plié, il ne me reste plus qu’à continuer à courir 5 bornes, plus question de s’arrêter aux ravitos bien sûr, ça tire de partout mais dans les derniers kils d’un IM, tu passes dans la quatrième dimension, tu ne penses plus qu’à l’arche et au speaker : « You’re an Ironman »

Je fini la CAP en 4h12’06 (562eme au scratch), et l’Ironman de Lanzarote en 12h56 :14 (746eme au scratch sur 1 594 finishers) Avec un peu plus de recul, je me rends compte que j’avais les jambes pour finir le CAP en 4h mais j’ai très mal géré la typologie du parcours. J’ai les moyens de gérer 30 min mais le SUB 12 me semble bien loin…

Post course : je récupère médaille et polo de finisher puis je vois Marco. Il a finalement abandonné car la douleur aux cervicales était trop forte. On le sent déçu mais serein, il me fout le cul par terre en me balançant qu’il repart pour l’année prochaine. Après la volée que l’on vient de se prendre, cela force l’admiration car le connaissant je sais que ce ne sont pas des paroles en l’air, il se représentera au départ en 2019. Je m’envoie un chocolat pour me réchauffer et je file au massage. J’ai les pattes tellement raides que je ne peux même pas m’installer sur la table de massage. Il faut louer la patience de ses jeunes qui m’aideront à m’allonger et qui iront jusqu’à me remettre mes chaussures et faire mes lacets après le massage. Tu récupères ton matos, ton vélo, t’es gelé, tu n’arrives pas à mettre un pied devant l’autre, tu te dis quel con de se foutre dans des états pareils, qu’en plus ça te coûte un bras, puis soudain tu penses : « Au fait, ça ouvre quand les inscriptions pour Embrun ? »

Tps Nat Tps Vélo Tps CàP Tps total
Sarazin Stéphane 01:40:17 06:44:23 04:12:06 12:56:14
Le Meut Xavier 01:11:03 07:21:07 04:22:05 13:21:48
Bouessay Christian 01:15:27 07:46:45 04:41:15 14:01:41
Lugand Olivier  01:21:33 08:09:45 04:29:49 14:11:12
Fortier-Beaulieu Marc 01:24:51 08:06:56 00:00:00 DNF pour blessure
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