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Étiquette : course

Ophélie, premier tri

Ophélie, premier tri

Deauville, jour J, premier triathlon après une année au RMA, toux d’enfer, malade depuis le lundi.
Pensée positive « la mer c’est mieux que le stérimar, un lavage de nez gratuit ». On arrive au parc à vélo, on pose les affaires. La petite boule au ventre, non un pull boy au ventre.

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IronMan Lanzarote 2018

IronMan Lanzarote 2018

Samedi 26 mai a eu lieu l’IronMan de Lanzarote en Espagne. Olivier, Christian, Xavier, Stéphane et Marco ont fièrement représenté le club.

Stéphane, pour qui c’était son deuxième IM a accepté de partager le contre rendu de sa course.

 

Conditions météo : bonnes selon les standards canariens, c’est à dire du vent (mais pas trop) et de la chaleur (mais pas trop). On est quand même content que ça souffle un peu, on ne veut pas d’un IM au rabais.

Natation : on se retrouve avec Xavier, Marco et Christian dans le sas. L’ambiance est détendue, « à la cool », on est tous impatients de partir. On s’est tous défoncés à la prépa, on est prêts et confiants. A Lanza, c’est une « mass star », tradition oblige, c’est à dire qu’au coup de pistolet, tout le monde part, les pros, les filles, les garçons, les jeunes, les vieux…BIM ! BAM ! Ça cogne au départ, mais c’est l’esprit. Les « rolling start », c’est chiant ! Sur ma natation, malgré un chrono médiocre, je suis plutôt content à froid, car pour une fois je ne l’ai pas subi : je suis parti comme si je jouais la gagne, en sprintant puis en effectuant une succession de plongeons jusqu’à pouvoir commencer à nager (j’avais vu un mec la veille s’entrainer en réalisant sur la plage une dizaine de répétitions de départs ; il faut être curieux, on apprend toujours en triathlon).

La natation à Lanza, c’est deux tours avec sortie à l’australienne, et disons que je suis plutôt content du premier et déçu par le deuxième où je mets 20 minutes de plus. Pas besoin de se torturer le ciboulot pour trouver la cause, je ne suis pas nageur « naturel » donc il me faut une concentration extrême pour arriver à nager à peu près correctement, et à partir du moment où je perds cette concentration tout part en sucette. Ici c’est arrivé sur le retour du deuxième tour, il y avait un peu de courant contraire, je commençais à fatiguer un peu, je perds le groupe sur lequel je m’étais arrimé une bonne partie du parcours. Pas plus pour me pourrir la natation, les derniers 800 mètres ont été rudes.

Je termine la natation en 1h40’17 (1 449 eme au scratch). Avec du recul, je pense que j’aurais pu faire 1h20.

T1 : Elle se fait dans un bon timing, sans temps morts. A regarder le temps à T1, ce n’est pas très rapide me direz-vous, mais il faut savoir que Lanzarote c’est un caillou, un beau caillou, mais un caillou quand même, et qu’il faut se préparer à passer la journée sans voir le moindre petit bout d’ombre. Crème solaire OBLIGATOIRE, et gare à celui qui pour gagner deux minutes passe outre (c’est souvent mon cas), c’est le troisième degré assuré. Il faut savoir également qu’une bonne partie de la transition se fait dans le sable, et encore une fois, il vaut mieux perdre deux ou trois minutes à bien se désensabler les petons avant de sauter dans les chaussures. Sinon, je n’imagine même pas le supplice de rouler 180 kils avec du sable plein les groles. Le pompon, c’est que je dois aussi prendre soin de mon petit doigt que j’ai brisé en mille morceaux à la SaintéLyon cet hiver, et qui est encore sensible aux vibrations du guidon. Je réalise donc une syndactylie qui consiste juste à attacher mon doigt à son voisin avec de l’Elasto et une petite compresse entre les deux (ce n’est pas John Rambo non plus) ! Avec tout ça, on dépasse les dix minutes de transition, une éternité, enfin ce n’est pas du XS non plus, sur IM, il vaut quand même mieux prévenir que guérir.

Je sors de T1 en 10’21.

Vélo : Nous y voilà…ce qui fait la renommée de l’IM de Lanzarote, c’est la difficulté de son parcours vélo, et les paysages grandioses traversés, et c’est vrai, on en prend plein les yeux. Lanzarote est une île volcanique, battue constamment par le vent, pas grand-chose ne pousse, c’est aride, lunaire, les amateurs de végétation luxuriante passeraient leur chemin, pour les autres, si j’étais youtubeur, je dirais « Just WOOOHHH !!!!!! » Bien que remanié cette année, le parcours reste fidèle aux classiques de l’épreuve : boucle dans le Parc Naturel des Volcans, montée de Timanfaya, du Mirador de Haria suivi par celle du Mirador del Rio. Cyril Viennot résume bien le parcours 2018, « une boucherie » si l’on se réfère à ce qu’il écrit dans son retour sur la course, « plus dur que l’ancienne version », l’IM « le plus difficile que j’ai fait jusqu’à présent ». Et c’est vrai que c’est dur, très dur. Le parcours ne te laisse pas de répit, pas un moment où tu peux souffler. Les deux descentes, vers Haria après le Mirador et celle qui suit le Mirador del Rio sont rapides et techniques, tu prends vite plus de 80 sur les prolongateurs, il faut donc rester concentré, ce n’est pas vraiment ce que l’on peut qualifier de reposant. Avec Marco et Xavier, on a fait les devoirs, une semaine de stage sur l’île en février pour reconnaitre le parcours. On sait donc à quoi s’attendre, et même si l’on s’est basé sur le parcours de 2017, les grosses difficultés déjà citées ont été travaillées. Revenons à la course, dès le départ, on rentre dans le vif du sujet, une première montée régulière d’une dizaine de kilomètres avec parfois des pourcentages qui augmentent sur quelques centaines de mètres et qui obligent, pour rester dans le rythme, à déjà relancer en danseuse. Au bout d’une demi-heure, tu te dis que rouler à l’économie, cela sera pour un autre jour. Suit une partie roulante, plutôt descendante où l’on peut enfin se poser sur les prolongateurs jusqu’au Parc Naturel des Volcans. Là je reprends Marco, déjà en train d’évacuer le trop-plein dans un espace naturel protégé, le cuistre. Outre la pénalité qu’il risque de se prendre, je me dis qu’il va encore râler sur sa moyenne. La boucle dans le parc naturel est à couper le souffle, quelles vues ! C’est indescriptible. Je me relève parfois des prolongateurs, c’est vraiment sublime. La monté de Timanfaya nous ramène rapidement sur terre (ou sur la lave plutôt). Cette séquence, on la connait bien pour y être passé trois fois dont une en descente en février. C’est un faux-plat dont le pourcentage augmente progressivement pour finir avec une belle bosse. Tout ça en ligne droite et le vent dans le pif. On sait grâce à notre repérage que l’on doit être patients, bien se caler sur son vélo et attendre la fin du calvaire. En haut de la bosse, je me rassure, les jambes sont là et le mental également. La tête et les guiboles devront aller de concert pour sortir pas trop cramer de cet enfer. Pas grand-chose à signaler sur les dizaines de kilomètre qui suivent, la montée vers Teguise, plusieurs fois parcourue lors de notre stage, est toujours aussi pénible, d’autant plus que l’on sait que l’on enchaîne ensuite avec les deux « miradores » Haria et del Rio. L’ascension vers le Mirador de Haria, je la redoute, en février, c’est ici où j’ai le plus souffert. Les premiers kilomètres en lacets présentent un bon pourcentage, mais rien de trop brutal non plus, sauf qu’ici un virage sur deux c’est le vent en pleine poire, et la ça se complique méchamment. Sur cette portion, je reprends Christian, on discute deux minutes, il est bien sorti en nat’, pas loin de Xavier qui est un peu plus en avant dans la montée. Je respire un bon coup car je sais que le plus costaud arrive ; la dernière partie de la grimpette est moins pentue, mais avec le vent de face, et le vent à cet endroit, c’est comme si tu avais des dizaines de mecs qui te tirent vers l’arrière avec des cordes. C’est simple, tu n’avances pas. Debout sur les pédales, scotché à 12 à l’heure. Au loin, tu aperçois un champ d’éoliennes, et là, tu te dis que les gus ne sont pas cons, s’ils ont planté leur bazar ici, c’est pour une bonne raison, rendement maximum assuré. Le Mirador de Haria, c’est un des points les plus haut de l’île, rien ici ne vient ralentir le vent. Alors, on ne se complique pas la vie, on reste humble, on se fait le plus petit possible sur le vélo, on met tout à gauche et on pédale en attendant le sommet. C’est ici que je double Xavier, sans le savoir, qui s’est arrêté au ravito individuel pour casser la croûte. La descente vers Haria n’est pas compliquée mais il faut rester concentré car on prend très vite de la vitesse et les virages en épingle sont fermés comme il se doit, les freinages sont bien appuyés, et il faut faire attention aux mains trempées par la sueur qui ont tendance à ripper sur le guidon du CLM. Après la traversée du village d’ Haria débute l’ascension vers le Mirador del Rio. Elle n’est pas commode non plus, mais selon moi moins difficile que celle du Mirador de Haria. Les pourcentages sont plus féroces certes, mais assez courts, et entrecoupés de faux plats montants ou descendants qui permettent de reprendre son souffle. Mais arrivé en haut, la récompense, la claque, la vue est à pleurer, avec en contrebas l’ile de la Graciosa, la bien nommée. C’est indescriptible, il faut le voir, c’est tout. On se relève quand même un peu pour contempler cette merveille avant de tourner en épingle vers la descente qui nous ramènera au niveau de l’océan. Ce tronçon est le plus rapide de l’IM, une bonne dizaine de kilomètres de descente avec le vent plutôt favorable. Ça va vite, à la montre, sur les prolos, on file à plus de 80 km/h, ça guidonne un peu quand le vent passe de côté mais on reste sécure. Le moral bien remonté par cette portion rapide, on se dit que le plus dur est derrière nous. Ce n’est pas faux, mais pas tout à fait vrai non plus. La portion roulante de la LZ1 se fait bien, même si le vent qui normalement devrait être plus favorable à cet endroit est plutôt de côté, puis rebelote avec le retour sur Teguise par une autre route cette fois, mais au moins aussi pénible que la première. Je maudis mille fois ce bled qui ne remontera dans mon estime que le lendemain après avoir découvert « La Palmera », sa musique live et ses mojitos à la fraise. Passé Teguise, le retour vers Puerto del Carmen se dessine, non sans avoir cependant fait un petit détour vers Playa de Famara que l’on aperçoit au loin avant de faire demi-tour. C’est magnifique, mais ce « U-Turn », je m’en serais quand même bien passé, surtout que les premiers signes de crampes font leur apparition. Je ne m’affole pas pour autant, j’ai fait attention à l’hydratation donc il n’y a pas de raison de me retrouver tétanisé, je lève un peu le pied, passe sur le petit plateau pour mouliner un peu et j’étire les cannes sur le vélo. Ça passe, il doit rester quoi, 30 bornes plutôt en descente, c’est plié. Regonflé à bloc, j’envoie un peu dans la descente vers Puerto del Carmen (ça passe beaucoup mieux dans ce sens, on s’en serait douté). J’en ai bavé mais j’ai vaincu le vélo de Lanza.

Je pose le vélo en 6h44’23 (602 eme au scratch). Très satisfait de mon temps. Je ne pense pas que j’aurais pu aller plus vite.

T2 : Pour les mêmes raisons que T1, la transition est plutôt longue même sur IM, tu récupères le sac de CAP sur la plage, donc il faut une fois encore t’enlever le sable des pieds avant d’enfiler les chaussettes, sinon je pense que c’est abandon direct au premier kil. Puis vient le badigeonnage de crème solaire, il est à peu près 15 heures quand je débute la CAP, et commençant à connaître le panorama, je ne m’attends pas vraiment à un parcours ombragé.

Je sors de T2 en 09’09.

CAP : Le parcours à Lanza, c’est 3 tours, dont le premier boucle le semi, suivi de deux tours d’un peu plus de 10 kilos chacun. Sur le papier, un peu plus de 300 de D+. Quand tu t’attaques à Lanza, tu te focalises sur le vélo, tu repasses mille fois le parcours, tu viens l’hiver le reconnaître au virolo prêt, tu gères le matos, les pneus, les roues, tout est passé au crible, le moindre détail, et puis tu négliges le marathon. Un coup d’œil rapide sur le parcours, y’aura du vent, il f’ra chaud, un ravito tous les 3 ou 4 bornes et voilà. Avec le recul, ce fut mon erreur, ne pas m’être plus penché sur la spécificité du parcours. 300 de D+, c’est que dalle sur 42 km sauf qu’à Lanza ils sont bien répartis, ce n’est jamais plat, c’est une succession de petites bosses qui n’ont l’air de rien mais avec le vélo dans les pattes, la chaleur et le vent, te font bien mal. C’est idiot, on peut travailler ce genre de typologie à l’entraînement. Sans cela, pas moyen de stabiliser une allure (nul besoin de préciser que l’allure cible travaillée à l’entrainement est écartée au bout de 500 mètres), je subis le parcours, je pioche dans les montées et les descentes sont douloureuses pour les jambes. Le semi qui correspond au premier tour est un chemin de croix, surtout que le parcours nous emmène longer l’aéroport d’Arrecife, et que dans le coin, le public se fait rare. On serre les dents et on essaye de se libérer l’esprit, de ne pas penser à la chaleur qui te plombe, au vent qui te freine, aux jambes qui font mal, et de se dire que les autres souffrent pareil que toi. A la fin du premier tour, je croise Marco qui marche, il me fait signe que ce n’est pas bon, qu’il s’est fait mal sur le vélo. Comme toujours sur IM, le passage vers la ligne d’arrivée, même s’il te reste encore un bon bout pour la franchir te remet un peu de peps, le public, l’ambiance, la musique. Ça va donc un peu mieux au début du deuxième, j’arrive à retrouver un semblant de linéarité dans ma course entre deux ravitos ou je décide de ne pas m’arrêter, mais de marcher vite, ce qui me donne le temps de bien m’hydrater en m’aspergeant de flotte, en alternant soit du coca, ou de l’iso, et de manger un peu (banane, orange ou gel). A la dernière poubelle, je jette mon gobelet et je relance, et il va en être ainsi à tous les ravitos, l’importance de se trouver une routine pour te vider l’esprit. Dans le deuxième, je croise Xavier et Christian, ils sont bien, surtout Xavier que je croiserai ensuite régulièrement. Je commence à reprendre également pas mal de coureurs qui m’avaient doublé dans le premier semi lorsque j’étais dans le dur ; on est bien sûr à des années lumières des premiers, mais cela reste une course, et les autres athlètes, des concurrents, on ne va pas se mentir, c’est stimulant de passer devant. Sans courir comme un cabri, la foulée restant bien collée au bitume, le deuxième tour est bien meilleur que le premier, et le deuxième bracelet une fois enfilé, un rapide calcul m’amène à penser que le sub-13 est encore possible si j’accélère le tempo, il reste un peu plus de 10 kilos et je viens de retrouver un objectif autre que celui de finir ; je vais m’arracher les tripes, mais je finirai en moins de treize heures. L’accélération n’est pas brutale certes, (je ne passe pas soudainement à 4’ du kilo) mais réelle, les ravitos sont plus dynamiques. Ma montre tombe en rade, je n’ai plus d’autres repères que mes sensations, arrivé au demi-tour où un chrono est installé, je sais que le sub-13 est plié, il ne me reste plus qu’à continuer à courir 5 bornes, plus question de s’arrêter aux ravitos bien sûr, ça tire de partout mais dans les derniers kils d’un IM, tu passes dans la quatrième dimension, tu ne penses plus qu’à l’arche et au speaker : « You’re an Ironman »

Je fini la CAP en 4h12’06 (562eme au scratch), et l’Ironman de Lanzarote en 12h56 :14 (746eme au scratch sur 1 594 finishers) Avec un peu plus de recul, je me rends compte que j’avais les jambes pour finir le CAP en 4h mais j’ai très mal géré la typologie du parcours. J’ai les moyens de gérer 30 min mais le SUB 12 me semble bien loin…

Post course : je récupère médaille et polo de finisher puis je vois Marco. Il a finalement abandonné car la douleur aux cervicales était trop forte. On le sent déçu mais serein, il me fout le cul par terre en me balançant qu’il repart pour l’année prochaine. Après la volée que l’on vient de se prendre, cela force l’admiration car le connaissant je sais que ce ne sont pas des paroles en l’air, il se représentera au départ en 2019. Je m’envoie un chocolat pour me réchauffer et je file au massage. J’ai les pattes tellement raides que je ne peux même pas m’installer sur la table de massage. Il faut louer la patience de ses jeunes qui m’aideront à m’allonger et qui iront jusqu’à me remettre mes chaussures et faire mes lacets après le massage. Tu récupères ton matos, ton vélo, t’es gelé, tu n’arrives pas à mettre un pied devant l’autre, tu te dis quel con de se foutre dans des états pareils, qu’en plus ça te coûte un bras, puis soudain tu penses : « Au fait, ça ouvre quand les inscriptions pour Embrun ? »

Tps Nat Tps Vélo Tps CàP Tps total
Sarazin Stéphane 01:40:17 06:44:23 04:12:06 12:56:14
Le Meut Xavier 01:11:03 07:21:07 04:22:05 13:21:48
Bouessay Christian 01:15:27 07:46:45 04:41:15 14:01:41
Lugand Olivier  01:21:33 08:09:45 04:29:49 14:11:12
Fortier-Beaulieu Marc 01:24:51 08:06:56 00:00:00 DNF pour blessure
Des finishers au semi-marathon de Boulogne

Des finishers au semi-marathon de Boulogne

Pendant que certain·e·s participaient au Bike & Run de Palaiseau, que d’autres prenaient leur petit déjeuner au soleil, quelques courageux·ses sont allé·e·s fouler les pavés de Boulogne à l’occasion de la 21ème édition du semi-marathon de Boulogne-Billancourt.

À 10h, le top départ est donné, et c’est 7600 coureur·se·s qui s’élancent pour 21,097km de plaisir.

Cette course offre un parcours en 1 boucle relativement plat longeant les quais de la Seine dans un premier temps avant de traverser le Bois de Boulogne avec un léger dénivelé avant de retrouver les bords de Seine pour passer la ligne d’arrivée au niveau de l’Hôtel de Ville. Tout cela sous le soleil parisien de Novembre, et les musiciens accompagnant les coureurs tout le long de l’épreuve.

01:22:22 Pierre L.
01:23:59 Benoît D.
01:36:38 Frédérique T.
01:37:16 Pauline M.
02:01:46 Sarhane F.
02:01:52 Justine M.
02:30:00 Pauline A.

Justine nous partage son expérience de course :

Faire un semi-marathon c’est à la fois magique et dur, physiquement et moralement. Le parcours de Boulogne est roulant avec quelques petites difficultés. Ce dimanche le soleil était au rendez-vous, réunissant ainsi toutes les conditions pour  faire belle course. Je misais sur 2h 15. Raisonnable pour une première sur cette distance. 10 heures top départ, j’avais réussi avec mes potes de course à me glisser dans le SAS 1h 40, beaucoup moins remplis que le SAS dans lequel j’étais prévue. C’est donc entourée des Pauline’s et de Sarhane que je démarre. Sarhane s’était proposé pour faire la course avec moi et me faire franchir la ligne d’arrivée en 2H…C’est  sur cette allure que nous nous engageons sur les pavés de Boulogne et que rapidement nous longeons les quais de la Seine. Jusqu’ici tout va bien, l’allure est bonne, 10km en 58min. C’est au 16èmekm que la douleur commence à se faire sentir. Je n’avais jamais fait plus. Le mental aussi commence alors à flancher. A partir de là, mes jambes avancent toute seules, mon mental, lui, compte les kilomètres et les minutes restantes jusqu’à la ligne d’arrivée. Sarhane, toujours à mes côtés me rebooste à chaque difficulté. «Allez Justine, dit toi que c’est comme si tu étais en entrainement et que tu avais deux tours de Champs de Mars à faire» , le tout en essayant de me faire accélérer… Gros soulagement quand je vois enfin le panneau des 20kms, dernière ligne droite pour les 1km 097 restant, accélération de Sarhane, j’essaie de m’accrocher, de tenir la cadence, la ligne d’arrivée est devant moi, il est temps de puiser dans les dernières ressources pour finalement franchir la ligne d’arrivée en 2h 01min 52 secondes. Contrat rempli haut la main. ÉNORME  MERCI à Sarhane qui a su me pousser quand il fallait et qui me permet de faire ce temps. Prochain objectif : le semi-marathon de Paris le 4 mars en moins de 2h…

Le RMA au Bike & Run de Palaiseau

Le RMA au Bike & Run de Palaiseau

Dimanche 19 Novembre a eu lieu la 9ème édition du Bike & Run de Palaiseau auquel le RMA a participé.

C’est sur un parcours de 15km, soit 3 boucles de 5 km dans la fôret domanial de Palaiseau que nos athlètes se sont affronté dans la bonne humeur avec pour premier objectif de se faire plaisir.

Le Bike & Run c’est une course par équipe de 2 avec un vélo pour 2. Le principe est assez simple: les deux partenaires s’échangent le vélo et pendant que l’un roule l’autre cours tout en restant à proximité de son partenaire.

Un parcours un peu boué, des rayons de soleil timides, un jolie vol plané, mais tout le monde à fini avec le sourire prêt à recommencer l’année prochaine, en date du 25 Novembre 2018.

  • RMA Omnisport: Ravise Gregory & Toupenay Steve : 55’13min
  • R aime A: Dumontet Hugues & Poulain Cyprien : 58’57min
  • RMAtypique : Le Bénézic Steffie & Hangueard Michael: 61’44min
  • RMA Jeff&Jo : Allaire Jocelyn & Touche Jean-François62’01min
  • alaRMAsse: Grimal Romain & Martinet Colas : 64’04min
  • RMArdéchois: Fortier-Beaulieu Marc & Favoccia Pierre : 72’38min
  • Les Cattaneo’s Sista: Eleonora & Isabella : 72’52min
  • Les gazelles du RMA: Favre Géraldine & Emile Coline : 87’11min

 

Coline & Géraldine nous font part de leur ressenti.

L’ambiance était très sympa mais nous avons été surprise du niveau très élevé! Les gens étaient pas là pour rigoler! Une très bonne expérience à refaire. Un bon moment de franche rigolade surtout que nous avions des pneus routes, et croyez-nous déjà que ceux avec des pneus VTT avaient du mal, alors imaginez nous avec nos pneus lisses… 

New York City Marathon 2017

New York City Marathon 2017

New York, dimanche 5 Novembre, le RMA y était. Oui mais pourquoi faire ? Ben le marathon, Nadia nous fait partager son marathon de NY. C’est la deuxième fois qu’elle y participe.

« Lever à 3h30 du matin pour un départ à 8h30. Entre le décalage horaire, l’excitation et le stress, il est difficile de se coucher. Mais heureusement que la Team New Balance était là pour détendre l’atmosphère et faire passer le temps jusqu’au coup de sifflet du départ.

Ca y’est, nous pouvons enfin prendre place dans le sas, tous ensemble. Nous trépignions d’impatience en attendant le coup de sifflet libérateur.

Mon seul objectif : partir en toute humilité….Je n’ai pas assez confiance. Je n’ai pas envie de me faire mal et je reste raisonnable. Ce sera pour une autre fois. J’avance avec eux sur le Pont de Verrazano ! Wouah ! C’est quand même impressionnant, ce départ est emblématique.

Enfin Brooklyn arrive avec les premiers spectateurs. Heureusement ils sont là, tout le long du parcours à nous encourager « Go Nadia ! Come on » Chacun à sa façon, malgré la pluie, ils sont là, bien présents, à s’égosiller au passage de chaque coureur ou juste à tendre des panneaux plus drôle les uns que les autres. »  ………………………

« Le temps passe, les kilomètres défilent… Km 10, ravitaillement… Km 27 premières douleurs musculaires… Cela ne change rien au charme de ce marathon. Les New-yorkais sont fiers de leur ville, et ils ne s’en cachent pas. Pour faire passer le temps, je m’invente des lièvres, dès que j’en ai dépassé un, j’en trouve un autre… » ……….

« J’arrive enfin dans le Bronx puis Manhattan, je continue d’entendre la ferveur et le bruit des spectateurs. C’est mon moment ! J’ai l’impression de voler et de me sentir forte. Je continue de sourire ! Vraiment. Je savoure ce moment. J’arrive, j’y suis presque. Je commence à fatiguer vers Central Park. Ce n’est pas plat du tout et je tiens ! La dernière ligne droite est là : je tiens bon, je vois les coureurs marcher et sincèrement, je me faufile en maudissant ce faux plat vers Columbus Circle. »

« Enfin, je peux savourer le passage de la ligne d’arrivée avec un grand sourire ! »

Si vous voulez en savoir plus sur cette expérience magique, c’est par ici : Nadia Run Paris 

 

Quand le RMA a rendez-vous avec l’Ekiden

Quand le RMA a rendez-vous avec l’Ekiden

Dimanche 5 Novembre a eu lieu l’Ekiden.

L’Ekiden c’est du fun, de la bonne humeur, du plaisir à l’état pur et des encouragements !!!

C’est aussi un marathon par équipe avec 6 relais, 5km, 10km, 5km, 10km, 5 km, 7,5km.

Départ du Pont de Iéna, selon la distance les coureurs font 1 ou 2 boucles entre le Pont Mirabeau et le Pont des Invalides sous l’œil bienveillant de la Tour Eiffel. Un parcours relativement plat ou il est facile de dérouler.

Ce dimanche à 8h nos 8 équipes du RMA se sont retrouvées pour l’échauffement des premier relayeurs pendant que les autres se sont préparés à les encourager.

 

 Equipe Tps CàP Tps total

 RMAbloc

  1. Théodore
  2. Pierre L
  3. Victor B
  4. Eric
  5. Fred
  6. Julien V
 

  1. 00:19:52
  2. 00:37:48
  3. 00:21:25
  4. 00:39:25
  5. 00:19:14
  6. 00:28:56
02:46:40

 RMAlabar

  1. Yanis
  2. Cyprien
  3. Hugo
  4. Pauline M
  5. Justine
  6. Olivier B
 

  1. 00:17:57
  2. 00:38:53
  3. 00:22:01
  4. 00:43:57
  5. 00:25:25
  6. 00:31:18
02:59:31

 RMAma mia

  1. Mika
  2. Elena
  3. Nadège
  4. Geoffray
  5. Henri
  6. Léonie
 

  1. 00:17:56
  2. 00:43:41
  3. 00:33:16
  4. 00:42:57
  5. 00:24:17
  6. 00:30:56
03:13:03

RMAster

  1. Stéphane
  2. Olivier G
  3. Sarhane
  4. Ali
  5. Marion
  6. Clarisse
 

  1. 00:21:38
  2. 00:42:31
  3. 00:25:45
  4. 00:44:38
  5. 00:24:28
  6. 00:36:14
03:15:14

 RMAchine de guerre

  1. Audrey
  2. Thomas
  3. Anne S
  4. Aziz
  5. Natalia
  6. Mathieu L
 

  1. 00:23:32
  2. 00:40:30
  3. 00:26:17
  4. 00:43:58
  5. 00:27:46
  6. 00:36:34
03:18:37

 RMAlotru

  1. Nathan
  2. Roch
  3. Amin
  4. Laurent V
  5. Arnaud
  6. Antoine C
 

  1. 00:27:22
  2. 00:42:56
  3. 00:25:28
  4. 00:46:21
  5. 00:24:54
  6. 00:34:14
03:21:15

 RMAventi

  1. Pierre F
  2. Victor G
  3. Pauline A
  4. Julian
  5. Gabriel
  6. Pierre E
 

  1. 00:20:58
  2. 00:49:17
  3. 00:30:49
  4. 00:44:04
  5. 00:23:45
  6. 00:33:37
03:22:30

 Viomea RMA

  1. Anne B
  2. Océane
  3. Morganne
  4. Isabella
  5. Eleonora
  6. Valentine
 

  1. 00:21:07
  2. 00:47:14
  3. 00:24:11
  4. 00:49:09
  5. 00:25:05
  6. 00:37:31
03:24:17

9h le top départ est donné alors que nos POM POM RMA sont en place et prêts à donner de la voix.

C’est Mika le relayeur de « RMAma mia » qui passe le premier relais en 17min 56s suivi à 1s par Yanis des « RMAlabar ». C’est la première course sous les couleurs du RMA pour certains, comme Nathan qui a pris le départ pour les « RMAlotru », et qui réalise un  bon chrono de 27min 22s.

L’équipe des deuxièmes relayeurs : Elena, Olivier, Cyprien, Victor G, Océane, Roch, Thomas et Pierre s’élance pour 10km. Là aussi les chronos sont très serrés, les pronostics misent sur moins de 50min : 37min 48s pour nos «RMAbloc » et 38min 43s pour nos « RMAlabar » sans oublier notre équipe  100% féminine « Viomea RMA » avec Océane qui signe un chrono en 47min 14s.

Place au relais 3. Le ton est donné, les sprinteurs sont au rendez-vous toujours sous les applaudissements de nos PomPOM RMa qui depuis 8h du matin se réchauffent comme ils peuvent en attendant leur tour. 21min 25s pour « RMAbloc », 22min 01s pour « RMAlabar », 24min 11 s pour « Viomea RMA » ,25min 45 s pour « RMAster ». Nos athlètes se suivent de très prés. De beaux moments pour nos coureurs qui font le show à chacun de leur passage et pour nos supporters qui donnent de la voix  à passage d’un noir et rose.

Arrive le 2ème10km. C’est une fois de plus notre équipe élite « RMAbloc » qui donne le ton avec un chrono en 39min 25s pour Éric. Sans oublier nos filles, très bien représentées avec Pauline M des « RMAlabar » qui vient à bout de ces 10km en 43min 57s et Isabella des « Viomea RMA » qui finit en 49min 09s De beaux chronos !

Au tour de nos avant dernier relayeurs de fouler les pavés parisiens sur 5km. Faisons place à Henri, Marion, Justine, Gabriel, Eleonora, Arnaud, Natalia et Fred. Ils ont pour chronos respectifs : 24min 15s, 24min 28s, 25min 25s, 23min 45s, 25min 05s, 24min 54s, 27min 46s et enfin 19min 14s pour nos élites.

Les 42.195 km touchent à leur fin avec un dernier relais de 7,5 km pour passer la ligne d’arrivée.

« RMAbloc » s’offre un chrono final de 2h 46min 40s et vient se placer dans le top 100 général et par catégorie.« RMAlabar » prend place dans le top 200 général et top 100 par catégorie en 2h 59min 31s. C’est en 3h 13min 3 secondes que « RMAma mia » franchit la ligne d’arrivée avec Léonie, suivie par Clarisse de « RMAster »en 3h 15min 14s. « RMAchine de guerre » termine en 3h 18min 37s, suivi par « RMAlotru » en 3h 21min 15s et  « RMAventi » en 3h 22min 30s.

Quant à notre équipe de championnes « Viomea RMA », elle se place dans le top 50 de leur catégorie en 3h 24min 17s.

Une belle course en ce début de saison ou tout le monde a su profiter, s’amuser et se faire plaisir. Pleins de belles promesses pour le reste de la saison !

 

Nathan : « très content de ma première course avec le RMA et ma team « RMAlotru », ce ne sera certainement pas la dernière. Fièr de mon chrono, c’est le temps que j’avais espéré et je remercie les PomPom RMA qui m’ont encouragé et mon donné la force de ne pas craquer. »

Olivier B : « quel plaisir de partager ce marathon avec ma team « RMAlabar », superbe ambiance, superbes encouragements et cerise sur le gâteau avec Sub 3 à l’arrivé grâce à vous !! »

Nadège : « c’est tellement sympa que d’avoir un double encouragement de la part des POmPOM RMA qui placé à 2 endroits différents on sut me motiver à finir et surtout à me faire plaisir sans trop de pression. Très bonne initiative que d’avoir proposé cette course club »

Justine : « ambiance très chaude malgré le froid, un vrai esprit d’équipe, parcours agréable et beau. Très contente de mon PR, de la belle équipe « RMAlabar » au top, et des POMPOM RMA qui savent donner la motivation à tous. Et le must : le brunch d’après course »

L’ironwoman d’Elena

L’ironwoman d’Elena

Départ matinal avec Valentine. On retrouve Clarisse au parc vélo, on prend des photos, Valentine nous met de la crème…on fait passer le temps et descendre la tension. Valentine part sur la plage, Clarisse et moi nous mettons dans le sas de 1h05 (plutôt son temps que le mien), une accolade et on se dit qu’on se voit à l’arrivée !
C’est un rolling start : 2 gars font partir les athlètes toutes les 10 secondes. Moins spectaculaire, mais plus sympa pour les athlètes (surtout les filles). L’eau est bonne, presque trop chaude avec la combinaison, mais qu’est-ce qu’on flotte bien !

J’ai bien en tête le parcours car la veille on a passé la journée sur la plage allongées sur le transat avec Valentine à compter les bouées jaunes qui marquent l’aller, à repérer les bouée du virage et conter les bouées oranges du retour. C’est la partie la plus courte d’un IM en temps, mais la plus longue car tu es vraiment tout seul : pas possible d’échanger un mot ou un sourire avec qui ce soit.

Je décide d’utiliser un peu mes jambes (contrairement à d’habitude) en me fiant à mon cardio (même sans appareil, je sais quand je suis au seuil). Comme c’est une ligne droite, je me dis que ce n’est pas la peine de regarder devant trop souvent, mais je n’avais oublié que ma nage dévie à gauche (un peu de technique à travailler.), je pars donc un peu trop vers le large sur l’aller. J’ai toujours pas appris à prendre correctement les pieds des autres nageurs : j’essaie, mais ça me fatigue et m’énerve. Je me dis tant pis : pour garder une trajectoire plus correcte au retour, je fais néanmoins attention à avoir toujours de la mousse à droite et à gauche ! La bouée du dernier virage pour retourner sur la plage est un soulagement : on a fini le petit échauffement, les choses sérieuses commencent !
Dans la tente, je prends mon temps pour enlever ma combin, enfiler mes chaussettes et mes chaussures de vélo et surtout manger une barre et boire de l’eau. Je vérifie bien de tout avoir (lunettes, casque, bandana) et je pars chercher mon vélo.
La première partie du parcours est une petite boucle en ville, interdiction de se mettre sur le prolongateur (route pleine de trous et de dos d’ane), puis on attaque le premier tour sur la route qui longe la cote. On va devoir faire 2 tours complets et un tour plus court. Ça commence par un petit faux plat montant, puis descendant et ensuite c’est quasiment tout plat
jusqu’au demi tour (km 39).
Au km 18, je rattrape Clarisse (qui a fait une super nat). A certains endroits, c’est bien impossible de garder les 12 m de distance règlementaire, mais dans l’ensemble je n’ai pas vu trop de drafting (il y avait pas mal d’arbitres qui veillaient au grain car l’année dernière ce fut scandaleux apparemment). Je vois que ma vitesse est autour de 33-34 km/h, mais je suis bien : cardio en dessous du seuil et jambes qui tournent toutes seules. Sur la fin de l’aller, le vent (de face) se lève : bonne nouvelle, c’est bientôt le demi-tour et on l’aura dans le dos !
Je vois Valentine qui revient (moi je suis au 36, je calcule qu’elle doit être autour du 40ème km), encore quelques km et c’est le 1⁄2 tour. Le vent souffle un peu plus et cette fois-ci dans le dos : sans forcer, grâce aux roues profilées (merci Djedjga), je suis à 36-37 km/h. Depuis le début, je suis scrupuleusement mon plan de nutrition : une gorgé d’eau ou du boisson énergétique toutes les 15 minutes et quelque chose à manger toutes les 1/2 heure (j’alterne pain d’épice, barre et crackers) : c’est sans doute un des points clés de ma réussite.
A la fin du premier tour, je me demande s’il ne serait pas plus sage de ralentir pour ne pas foirer mon marathon : je réfléchis et j’analyse les paramètres. Je me sens bien, cardio et jambes OK, je n’ai plus qu’une difficulté à faire, la ligne droite (25 km quand meme…) face au vent (dans le troisième tour, plus court, l’aller est moins exposée). Je pense à Djedjga qui m’a dit que je pouvais faire moins de 6h. Pour une fois, je décide de prendre le risque : stick to the plan, but dare to change it !

Je me dis que sur la partie face au vent, je ne vais pas faire attention la vitesse, mais maintenir mon cardio bas et les jambes faciles pour ne pas me griller (du coup je suis à 29-30 km/h). Le vent souffle un peu plus et ces 25 km sont bien longs (j’ai bien roulé dans le vent aux stages de Dieppe et Argeles, mais là, je n’ai pas Hugues et Olivier G à coller…). Le deuxième retour vent dans le dos c’est à nouveau du bonheur (36 km/h de moyenne sur cette partie).
Je rattrape Valentine vers la fin du deuxième tour et on fait le 3ème ensemble (bien sur, à distance règlementaire !).

Sur le dernier retour, je m’autorise à penser au marathon : ça va être génial de voir les copains
un peu plus tranquillement que lors des passages en vélo…

En descendant du vélo, j’arrive à courir : ça me rassure car j’ai un marathon à faire. Je pose mon vélo et je vois qu’il n’y a pas beaucoup de vélo chez les filles (on est toutes regroupées dans une zone dans le parc).
Je passe au toilette et me change sans me bousculer, pas la peine de prendre des risques. 
A la sortie, j’ai devant moi Alex Zanardi, un mythe pour les italiens : pilote de Formula 1, il a un accident et perd ses 2 jambes. Il dévient alors athlète handbike et gagne les Jeux Paralympique à Londres et Rio. Il a déjà fait des IM et est là pour faire moins de 9h, tout à la force des bras. Je l’encourage car le marathon n’est pas facile pour lui : on court parfois sur la terre, on passe sur un terrain de foot synthétique où ses roues n’avancent pas et ça se voit qu’il galère. Il terminera en 8h59 : j’ai pu lui parler un peu le lendemain à la remise des prix, un homme très humble et très fort qui incarne l’Anything is possible, devise de l’IM.
Nous devons courir jusqu’à l’arrivée (1,6 km) puis faire 3 boucles. Ça commence donc par la fin, là où il y a le plus de monde : je vois rapidement les copains qui m’encouragent. Ça sera le repère principal de la course. J’avais décidé de courir sans montre, à sensations, sachant que j’ai beaucoup travaillé mon allure (11 km/h) et que j’ai appris à la reconnaître.
Néanmoins, je me fais prendre au piège classique : quand on descend du vélo, on a l’impression de ne pas courir vite, alors qu’on est souvent plus vite que l’allure cible. 
La deuxième partie de la boucle est très chiante : il n’y a personne et avant le demi tour, il y a une ligne droite de 2 km qui semble infinie. On passe 2 fois sous le chemin de fer (au 3ème tour, la petite rampe ressemble plutôt au col de la Flégère, à la fin de l’OCC…). Mais il y a les panneaux kilométriques pour les trois boucles, du coup je croise rapidement le panneau km 21 et je me dis « la prochaine fois que je passe par ici, ça sera le semi». Il n’y a pas encore grand monde sur la CAP et ça court vite : je me fais doubler par quelques pros femme qui sont à leur deuxième tour. Elles volent…
Le plan nutrition, bien testé aussi, prévoit un gel tous les 9 km : je décide de marcher aux ravito uniquement quand je prends le gel pour boire tranquillement, sinon je prends de l’eau sans m’arrêter. C’est bien de courir à sensations, mais à la fin du premier tour je demande aux copains mon allure : ils me disent 5’20, ça me rassure et je sais que même en ralentissant un peu je serai sub-4h, mon objectif.
Je découpe la course depuis le début : dans 3 km, je prend mon gel, dans 2 km je vois les copains, au 25ème, « Plus qu’un Paris-Versailles », au 30ème « Plus que 2 Parisiennes » etc…
Sur le deuxième tour, il commence à pleuvoir et ça fait du bien : il y a plus de monde et certains sont moins en forme que d’autres…
A la fin de mon deuxième tour, je vois une fille avec une allure parfaite et régulière : je décide de la coller pour ne pas caler et je mets un peu de temps à comprendre que c’est Aude qui est à la fin de son premier tour !
Je double Aymeric qui a l’air super en forme. Je me permets de penser à la ligne d’arrivée au km 40 tout en me disant que ce n’est plus la peine de l’imaginer car j’y serai bientôt ! Je sens aussi que je pourrais accélérer, mais je me dis que vu le temps en vélo et l’allure du marathon je suis largement en moins de 11h, mon objectif étant 11h30, je décide de profiter des 2 derniers km et surtout des derniers 200m sur le tapis rouge…

Plus de mot pour décrire cette arrivée, je suis aux larmes, comme à l’arrivée de mon premier marathon (avril 2009, ça commence à dater…).

J’attends les autres : c’est magnifique de les voir arriver émus, fatigués, fières de leur course….

Je ne connaitrai mon classement et mon temps que beaucoup plus tard lorsque je retrouve un téléphone : mon objectif était 11h30 et top 10 de mon age group, donc je suis méga surprise, surtout de la deuxième place. 
Le lendemain, les émotions sont aussi très fortes. Un podium devant 500 personnes c’est incroyable et partager cela avec Clarisse est très émouvant.
Ensuite, l’attribution des slots, complètement dingue.

Il y en a 40 qui sont distribués dans les catégories proportionnellement au nombre de partants, mais au moins 1 slot par catégorie. Du coup pour les filles, il y en a un a priori seul par catégorie (on n’est que 10% – 300 sur 3000). Ça commence par les plus âgées (dans les 3 derniers group age il y a une seule finisher et elles prennent toutes leur place) : la première de ma catégorie hésite (elle était à Hawaii l’année dernière), mais le prend : je ne peux pas dire d’être déçue car je ne m’y attendais pas du tout…
On s’apprête à partir pour visiter Girone lorsque le speaker dit « For the female group 40-44, we might have another slot, we need to check…. » : on se regarde avec Clarisse, sa sœur et Dje, ébahies !
En effet, une dame dans la catégorie 70-74 est partie, mais n’a pas fini (merci Mrs Kelly !), du coup le slot était attribué aux femmes et passe à la catégorie la plus nombreuse, càd la mienne (on était 65 alors qu’elles étaient 63 dans les 35-40…). À l’annonce de mon nom, je crie YES : je reçois mon collier hawaiien et j’ai le droit d’aller payer mon inscription (même s’ils montent un show, c’est une boite qui veut gagner du fric…).

La morale : je ne vais jamais gagner au loto car j’ai eu la chance d’une vie pendant ce week-end, mais comme dit Dje « l’argent du loto se dépense, l’IM à Kona se vit… » (mais il faut quand même de l’argent pour y aller !).
Je pensais retrouver une vie normale et refaire un IM en 2019, mais évidemment il faut honorer la chance d’aller à Hawaii (et ne pas trop défigurer), donc ça va encore être une année bien intense : je compte sur votre aide et support !
RDV à Kona le 13 octobre 2018 !

En résumé, les points clés

Pendant la course

• Alimentation rigoureuse et testée (merci Julie).
• Se fier aux sensations, mais uniquement si on se connaît bien grâce à l’entrainement.
• Ne pas innover, même si l’idée semble bonne.
• Compter dans sa tête quand on est dans le dur : ça fait passer le temps.
• Les copains : ceux qui courent et qu’on croise avec plaisir et ceux qui prennent leur week
end pour nous supporter.
• Optimiser tout ce qu’on peut prévoir et sur lequel on a la main et accepter ce qu’on ne peut
pas changer (météo, conditions…).

Pendant la prépa

• Faire autres choses que du tri (swim run, trail) pour travailler l’endurance.
• Faire des pauses (pour moi, ce fut une semaine en bateau et une de rando).
• Ecouter les expériences de course des uns et des autres (c’est pour cela que j’écris !).
• Prendre une carte de fidélité chez son ostéo.
• S’entrainer avec des copains qui deviendront des amis (merci à eux, ils se reconnaitront).
• Faire du gainage (merci Pierre).
• Connaître ses points forts et ses points faibles (respectivement l’endurance et le vélo pour
moi) et travailler les deux.
• Quand les entrainements sont durs, penser à la ligne d’arrivée.
• La patience et le soutien (même discret) de sa famille.
• L’émulation (merci RMA).

Et enfin, comme je suis italienne et un peu superstitieuse 

• Manger la pizza calzone la veille ou l’avant veille (ça me porte de la chance depuis le
quelques dernières courses, ne cherchez pas à comprendre…).
• Le haut de trifonction de Hugues qui fait courir vite (pas comme lui quand même…).

 

Mon premier ironman

Mon premier ironman

Par Laurent V. Barcelone.

Arrivée à Calella (lieu de la course) avec mon ami Stéphane K. Rapide passage au camping et nous allons immédiatement à l’enregistrement de la course. Nous laissons les vélos pour une dernière vérification chez un réparateur sur place auprès duquel nous avions pris soin de prendre une réservation. Puis nous nous rendons dans la tente du checking.

Déjà beaucoup d’émotion lors de la remise du dossard et du sac à dos estampillé « Ironman ». Beaucoup d’angoisse aussi. N’ai-je pas été trop gourmand ? n’ai-je pas eu les yeux plus gros que mes forces en m’inscrivant ?

Je doute. Je ne laisserais pourtant ma place à personne.

Vendredi 29 septembre 2017 : J-1

Je rejoins ma famille sur la plage. Mes proches m’ont fait la surprise de venir me soutenir. Je les retrouve flanqués de teeshirts à mon effigie. Je suis touché. J’ai aussi terriblement peur de les décevoir…

Je déjeune avec eux puis retourne à mon camping préparer mes affaires : le sac pour le vélo et celui pour la course à pied à déposer ce jour, avec le vélo. Je vérifie méticuleusement le contenu de chacun de ces sacs. Surtout, ne rien oublier. A la deuxième vérification, je m’aperçois que j’avais oublié de mettre mes chaussettes dans le sac. Angoisse.

Chargé de ces sacs, j’emmène le vélo au parc dédié. Sur le chemin, je croise plein de coureurs en train de courir. D’autres font du vélo tandis que certains vont à la mer. Ont-ils raisons ? cet entraînement de la veille est-il nécessaire ? ou alors sont-ils juste nerveux ? Chacun sa vérité. Pour ma part, je prends un verre en terrasse avec les miens. C’est tout. Bon, la vérité, je suis aussi allé nager un petit 500 m le matin pour me rassurer dans cette discipline que je maîtrise si mal.

Je laisse la famille vers 19 h pour aller me faire chauffer des pâtes avec Stéphane K au camping. Nous souhaitons nous isoler. Nous nous enfermons dans notre bulle. Je me couche vers 22h et, étonnement, je m’endors facilement.

Samedi 30 septembre 2017 : Jour J

Le réveil sonne à 6h mais je suis réveillé déjà depuis une heure. Je me lève comme un automate. Surtout, ne penser à rien. Ne pas penser à cette course qui me paraît démesurée par rapport à mon niveau et à mes trois petites années de pratique. J’essaye d’avaler péniblement mon Gatosport en regardant les réseaux sociaux. Déjà, j’ai quelques messages de soutien de mes amis du club (RMA Triathlon Paris) et de mes amis Facebook. Tellement peur de ne pas être à la hauteur de leur confiance, de les décevoir. J’éprouve le besoin de leur écrire que je les aime.

Je quitte le camping à 7h15 avec Stéphane K. Nous avons seulement 1,5 km de marche pour rejoindre le départ. Nous marchons en silence le long de la mer. Le soleil se lève. La mer est belle, sans une vague. Nous entendons au loin la sono de départ. Sentiment étrange et incompréhensible de marcher vers son destin. Mes amis sportifs comprendront que, étonnamment, ce type de défi représente tellement plus qu’une course. Un véritable rendez-vous avec soi-même.

Rentré dans le parc à vélo, je redonne quelques bars à la pression de me pneus avant de déposer mon sac avec mes affaires de ville (pour la fin de la course). J’enfile ma combinaison néoprène et me dirige vers la plage.

Stéphane K va dans le sas de l’objectif 1h20 pour la natation. Je choisis le dernier sas, objectif 1h50 – 2h. Sur les 3 000 participants, nous devons être seulement une dizaine dans ce sas. Les plus mauvais nageurs. Je le sais, la natation est mon gros point faible. Il y a encore un an, je faisais mes triathlons à la brasse (je suis même sorti dernier du lac en 2016 à Vieille Maison sur Joudry, dans le Loiret). Mais pour rien au monde j’abandonnerais le triathlon au profit du duathlon. La natation ne m’aime pas ? peu importe, moi je l’aime quand même et je ne l’abandonnerai pas.

Mon départ étant prévu à 8h50 (les premiers non professionnels commençant à 8h20), j’avais recommandé à ma famille de venir à 10h40 pour me voir sortir de l’eau (si je sortais de l’eau). J’avais fait deux entraînements en mer sur cette distance de 3,8 km au mois d’août dernier : l’un en 1h50, l’autre en 2h03. La barrière horaire étant à 2h20, ça devrait passer, sauf houle importante, crampe, faiblesse…

Et je vois mon frère Yann venu pour le départ. Nous nous faisons une accolade. Je suis sensible au soutien de ce champion de course à pied, qui enchaine des marathons à 8 jours d’intervalle (en 3h05 s’il vous plait), des 100 km de Millau, des 175 km en 24h… C’est la première fois qu’il se présente sur une course comme spectateur et j’imagine sa frustration.

Le son de la sono augmente, celui de mon cœur aussi. Le départ est donné.

Il s’agit d’un rolling-start : Départ des concurrents 4 par 4, toutes les 3 secondes. Moins spectaculaire qu’un départ en masse au coup de pistolet, mais nettement plus confortable pour les nageurs qui évitent la lessiveuse des départs en groupe.

Je rentre donc dans l’eau dans les 10 derniers coureurs du dernier sas. J’avais prévu, comme d’habitude, d’être à la peine lors des 300 premiers mètres, le temps que mon cœur se calme, que ma respiration se pose.

A ma grande surprise, mes premiers mouvements de crawl sont fluides. Ma respiration en trois temps est tout de suite posée. Je n’ai pas d’angoisse. L’eau est claire, chaude, calme. Je dépasse tout de suite quelques concurrents à la brasse et me mets dans les pieds d’autres crawleurs. Moi qui ai l’habitude d’être isolé à la natation, je ne suis pas décroché par les autres nageurs. C’est une bonne surprise. Et cela facilite aussi la nage. Je n’ai pas à sortir la tête pour prendre la direction des bouées, je suis les autres nageurs, c’est tout.

Le temps passe, je nage, je suis bien. L’esprit vagabonde. Je réalise que je suis sur mon Ironman, auquel je pense depuis un an. Je nage, je suis bien. Et soudain, imprévisibilité de l’esprit, une pensée vient de je ne sais où, enfuie en moi. Je pense à Sébastien, mon petit-frère mort noyé à 3 ans et demi, il-y-a une quarantaine d’année. Pourquoi je pense à lui maintenant ? Je n’en sais rien. Et si c’était ça mon problème avec l’eau. Et si je lui pardonnais, à cette eau. Je nage, je suis bien.

Je vois quelques bonnets de bain aux couleurs de l’Ironman perdus au fond de l’eau. Un souvenir de moins pour leurs propriétaires. J’échappe de peu à une grosse méduse blanche en faisant un détour (disons un saut sur le côté) au dernier moment.

En tournant autour de la grosse bouée Arena, je m’arrête une seconde pour vider mes lunettes et regarder ma montre. Aussitôt, un membre de la sécurité sur son kayak s’apprête à me lancer une bouée en me demandant si ça va. Je lui fais signe que oui en levant mon pouce, remets mes lunettes et repars. J’ai vu que j’en étais à une heure de natation et que ce demi-tour était placé à plus de la moitié de la distance à parcourir.

Je suis optimiste. Il doit rester 1800 mètres, je suis en avance sur mon estimation. Et surtout, je ne suis pas en lutte mais j’éprouve même du plaisir dans cette nage.

Dernier virage à gauche, il reste 200 mètres. J’ai pied. Je me redresse, je marche sur la plage. Je regarde ma montre. 1h36 ! C’est inespéré pour moi. J’ai la banane. Au lieu de courir au parc à vélo, je file vers ma famille reconnaissable avec ses drapeaux oranges. Je tombe dans leurs bras, heureux comme un gosse de ce qui est pour moi un véritable exploit (20 mn de moins que lors de mes entraînements).

Des amis du club, venus en supporter, courent aussi vers moi. Leur joie et leur enthousiasme sincères me touchent : merci Stéphane S., Isabella, Djedjiga, Geo.

Mes garçons Victor et Oscar courent comme des fous à côté de moi, de l’autre côté des grilles, jusqu’au parc à vélo. Je rentre dans le chapiteau pour me changer. Je suis surpris de ne pas y être seul, moi qui ai l’habitude de trouver des parcs à vélos déserts quand je sors de l’eau.

Je prends le temps de m’asseoir pour enlever ma combinaison, de manger une banane. J’enfile mes chaussures, mon casque, mes lunettes, je n’oublie pas mon dossard et me dirige vers le vélo.

Ma femme Ana et Oscar sont de l’autre côté de la grille, ils m’encouragent. Je leur fais un signe et sors du parc, le vélo à la main comme il se doit.

Et c’est parti pour 180 km.

Après une petite boucle en ville, au ralenti, pour rejoindre le parcours, c’est parti pour deux boucles de 74 km et une troisième d’une trentaine de km, avant de revenir en ville.

Le parcours est très roulant, le long de la mer. Il s’agit d’un aller-retour de 37×2 km (à faire 2 fois et demi si vous avez bien suivi). Il fait beau, sans chaleur excessive. Nous ne sommes jamais seuls entre ceux qui sont sur leur première ou leur deuxième boucle. Je croise des copains-copines du club et nous nous encourageons. Je m’amuse à regarder les drapeaux du pays de chaque coureur sur son dossard. Je suis surpris du caractère international de l’épreuve. Enormément d’Anglais et d’Irlandais, mais aussi des Russes, des Ukrainiens, des Brésiliens, Philippins, des coureurs d’Afrique du Sud, un espagnol qui a caché le drapeau sang et or de son dossard en collant un sticker aux couleurs de la Catalogne. Peu de Français, somme toute.

Mon premier aller (37 km, donc) se passe bien, à une moyenne de 30 km/h avec un léger vent de face. Je suis heureux. Je me rends compte que je suis en train de vivre mon rêve d’enfant que j’ai eu il y a deux ans (ben quoi, on peut avoir des rêves d’enfant à 45 ans, non ?). Mes yeux se remplissent de larmes, que j’évacue très rapidement. Ce seront les seules de la journée, car j’ai ensuite été rempli d’une véritable allégresse toute la course.

Quelques ravitaillements où je saisis systématiquement une bouteille d’eau pour quelques gorgées. Je veille à boire avant d’avoir soif et je me force à manger un bout de barre énergétique toutes les 30 mn.

Au retour de la première boucle, bonne surprise. Le vent s’est levé et me pousse carrément. Sans forcer les jambes, je vois le compteur à 36, 37 km/h.

Arrivé à une quinzaine de km de Calella, pour la fin de la première boucle, je vois mon frère qui me hurle ses encouragements sur le côté. Il a un maillot de course et je comprends qu’il est venu en courant, le diable.

Demi-tour à Calella dans une ambiance de folie. Tous les supporters des coureurs sont massés aux abords de la ville, on se croirait au tour de France. Je ne peux m’empêcher de sourire. Au rond-point, j’ai le temps de voir mes enfants surexcités et le sourire radieux de ma femme.

Je repars galvanisé pour la seconde boucle. Le vent est maintenant de face et la vitesse chute. Je suis couché sur mes prolongateurs et avance péniblement à 25, 26 km/h. Je recroise mon frère à 15 km de Calella et calcule qu’il me faut tenir encore une vingtaine de km avec ce vent de face. Les rangs se sont clairsemés, et je suis seul avec quelques coureurs en ligne de mire. Je les remonte doucement. Je passe devant des penality box où quelques coureurs qui n’ont pas résisté à la tentation du drafting (se mettre à l’abri derrière un autre coureur) purgent leur peine de 1 à 4 mn de pénalité. D’autres sont même disqualifiés.

J’ai de la compassion pour ce coureur sur le côté, en train de se démener avec une chaîne récalcitrante.

J’arrive enfin au bout de cette immense ligne droite et m’engage enfin dans le rond point salvateur. Enfin le vent de dos, et c’est reparti pour un 36 km/h de moyenne. Je croise des coureurs à la peine. Plus loin, je croise Stéphane K qui en est à sa troisième boucle, vent de face. Je l’interpelle. Il me regarde mais semble ne pas avoir la force de me répondre. J’apprendrai ensuite qu’il était déjà au début d’une hypoglicémie sévère.

Dernier demi-tour à Calella devant ma famille toujours aussi exubérante, et c’est parti pour la dernière boucle de 30 km. J’ai à ce moment là 150 km dans les jambes et, malgré le vent de face, je me sens bien. Je croise Aymeric aux couleurs du club (noir et rose). Il est souriant et me répond.

Retour au rond-point de Calella, et cette fois-ci, je peux rentrer dans la ville. La vitesse est réduite du fait des angles droits des petites rues. J’entends hurler Stéphane S. derrière son appareil photo. Plus loin mes parents. Plus loin mon frère Yann qui me félicite tout en me filmant. Je suis vraiment porté par leurs encouragements, je ne me sens même pas entamé après ces 1h36 de natation et 6h02 de vélo.

Arrivé au parc à vélo, je descends comme il se doit devant la ligne où veillent deux arbitres. Le coureur derrière moi fait un faux mouvement, sûrement dû à la fatigue, et va empaler son vélo dans les barrières, avec fracas. Les spectateurs hurlent. J’espère qu’il n’a rien de grave.

Dépose du vélo, retour à la tente. Je change de chaussettes et de chaussures (heureusement), troque mon casque contre une casquette, un coup de crème Nok, j’avale une pâte d’amande, et je sors pour rejoindre le parcours du marathon.

Il s’agit de 3 boucles de 13,5 km, le long de la mer, et d’une petite boucle en plus de 1,7 km pour arriver aux 42,2 km mythiques.

L’arrivée, sur tapis rouge entouré de gradins, est au bout de cette boucle. Les gradins sont bondés et, en les longeant, on entend la clameur qui s’en dégage à l’arrivée de chaque coureur. Mais sur près de 2 km avant ces gradins, la foule est déjà massée. Ce qui fait que, à chacun des 3 passages à cet endroit, nous sommes ovationnés sur près de 4 km (2 aller et 2 retour). C’est juste énorme.

Dès le départ, je suis surpris de ma forme. J’ai les jambes légères et me surprends à courir à 11,5 km/heure. Je me force à descendre à 10,5 km/h en pensant au marathon qui m’attend. C’est vrai que c’est quand même long, un marathon, quand on a déjà près de 8 h de sport derrière soit.

Mes supporters sont là. Stéphane S. me hurle de ne rien lâcher, que j’ai une belle allure. Ca me fait du bien. Plus loin, ma famille heureuse. Mes garçons courent quelques dizaine de mètres à côté de moi, de l’autre côté de la barrière. Ils ont l’air surexcités. Ca me touche beaucoup.

Puis je quitte ce coin pour longer la mer. Il y a maintenant peu de supporters sur les bords, mais beaucoup de coureurs, entre ceux qui en sont à leur première boucle, comme moi, et ceux qui en sont à leur 2ème ou 3ème boucle.

Tous les 2,5 km, un ravitaillement. Je m’arrêterai quelques secondes à chacun d’eux, avec toujours le même cérémonial : une gorgée d’eau, puis un ou deux quartiers d’orange, puis une gorgée de coca, une dernière gorgée d’eau et c’est reparti (pas envie de gel énergisant).

Sur le demi-tour de la 1ère boucle, vers le km 10, je rattrape Stéphane K. en train de marcher. Je m’arrête un instant à ses côtés. Il est dans le dur, n’a pas envie de parler. Je le comprends et repars en lui disant : « Stéphane, t’as fait une super course jusqu’à présent. Même en marchant 30 km, tu finiras avant la barrière horaire. Tu seras finisher, mon gars. Tu seras un Ironman ». Il marchera effectivement 30 km, sans pouvoir avaler quoi que ce soit, ni solide ni liquide. Il sera finisher et il est un Ironman au mental d’acier.

Arrivé de ma première boucle et retour donc aux 4 km de supporters de folie. Parmi l’exubérance, je cherche mon frère. J’ai besoin de sa réaction. Chrono en main, il me hurle que c’est formidable, que je suis sur un super rythme, que je suis régulier comme un métronome.

Pour info, j’ai couru 4 marathons dans ma vie, tous ces deux dernières années. Je tourne entre 3h53 pour mon meilleur (mon premier, La Rochelle en novembre 2015) et 4h10 pour mon plus mauvais (Rome en avril 2017). On dit que, en général, on met une heure de plus pour le marathon de l’Ironman. Je visais donc un marathon en 5 heures.

Je repars pour la deuxième boucle, sans douleur et sans fatigue particulière. Je croise plusieurs fois Valentine, du club, qui semble dans le dur et ne me répond pas. Elle était sur la fin de son marathon alors que je commençais le mien. Elle fera un temps exceptionnel, tout comme les 2 autres filles du club, Clarisse et Elena, chacune deuxième de sa catégorie (et du coup, une qualification pour Hawaï pour Elena, ce qui est énorme).

Je ne comprends pas ce qui m’arrive, je suis dans un état second. J’ai l’impression de faire un petit footing dominical, sans aucune difficulté. Je n’accélère pas pour autant, mais je maintiens sans difficulté le rythme de 10,3 km/h. Je dépasse des flopées de coureurs, les mêmes qui me laissent sur place dans la mer.

Retour vers l’animation pour la fin de la 2nde boucle et départ pour la dernière. Ma famille est toujours là. Les enfants courent, et je cherche les encouragements de mon marathonien de frère. Il me dit que je suis en train de faire un exploit, que je cours à mon rythme d’un marathon « à sec », que je peux faire 4h30 même si je rencontre le mur.

Regonflé à bloc, je repars donc pour les 13,5 derniers km. La nuit est tombée est une partie du parcours, hors de la ville, n’est pas éclairée. C’est complètement dingue, mais nous courrons sur près de 3 km dans le noir total. Certains coureurs, habitués au parcours, ont pris soin de prendre une lampe frontale ou une lampe de poche. Ce n’est pas mon cas.

J’en suis le premier étonné, mais je ne rencontre pas le mur, pas même un début de crampe.

Sans m’en rendre compte, je maintiens mon 10,3 km/h de moyenne. Je croise Aymeric qui a quelques km d’avance sur moi (il est parti plus tôt que moi à la natation et nous ferons au final exactement le même temps, à une poignée de secondes près). On s’encourage.

Je passe devant mon camping, à l’entrée de Calella. Je sais qu’il reste 3 km. J’entends la sono au loin, je vois les lumières qui tournent dans le ciel. Je laisse mes jambes avancer seules, au même rythme, mais je décide de profiter de chaque pas. Ca fait un an que je me prépare, que je doute, et je suis en train de réussir mon défi. Encore deux km et je serai un Ironman. Je souris. Passage devant le parc à vélo. Il reste 1,5 km. Je croise des coureurs qui repartent pour une boucle de 13,5 km. Je sais que dans 5 mn j’aurai fini. Je passe devant le dernier ravitaillement et je m’y arrête, comme pour ne pas quitter la scène. Gorgée d’eau, quartier d’orange, gorgée de coca, gorgée d’eau et c’est reparti.

Dernier virage.

Je bifurque à droite dans la direction finish au lieu de repartir à gauche sur le chemin du marathon. Virage à gauche dans la pénombre, passage sous une arche et arrivée dans une arène rouge vive, des lumières de partout, une musique motivante, des cris, des hourras, et la ligne d’arrivée à 50 m. Je me mets à faire l’avion en zigzag. Je ne cours plus, je vole. Je tourne la tête à droite à 20 m de l’arrivée et, par miracle dans cette foule, je vois mes parents les larmes aux yeux au premier rang, dans les gradins. Je m’arrête devant eux, les prends dans mes bras, et repars franchir cette ligne.

Un jeune de l’organisation me met la médaille autour du coup en me disant « You are an Ironman ». Sans réfléchir, je le prends dans les bras et nous nous donnons l’accolade.

Je regarde ma montre. Les 226 km de course on été accomplis en 12h07, le marathon en 4h04. Je suis tellement heureux. Je ne reste pas dans le chapiteau d’après course où un diner est servi aux coureurs et des massages proposés. J’attrape mon tee-shirt finisher et, sans même me changer, file à la sortie. Mes enfants m’attendent devant la porte. Ils sont émus, me disent que j’ai assuré comme un malade. Je les serre dans mes bras. Nous retrouvons le reste de la famille. Des photos tous ensemble puis nous allons diner.

Nous sommes tous sur un nuage. Ils ont vécu cette course pour moi, comme moi. Je ne pensais pas qu’un sport individuel pouvait souder autant.

C’est finalement ce partage qui a donné tout son sens à cette course. Et cette valeur bien humaine fait que nous sommes tellement plus que des Ironmen…

Lendemain de course, pas de courbature, moi qui suis incapable de marcher les jours suivant un marathon. A n’y rien comprendre. Quelques photos avec les copains du club sur la plage et je prends la voiture. Je conduirai d’une traite jusqu’à Paris, encore shooté aux endorphines.

A l’heure où j’écris ce récit, je ne suis pas encore redescendu de mon nuage. Quelle aventure, non mais quelle aventure.