Mon premier IM 70.3 – Cascais-Portugal

Mon premier IM 70.3 – Cascais-Portugal

Elena K, nouvelle recrue du RMA, nous partage son expérience de course. Dimanche 30 septembre, elle a participé à son premier triathlon longue distance.

 

Une nuit de juin, alors que j’avais une insomnie lors d’un de mes voyages d’affaires, j’ai décidé de m’inscrire à un Ironman 70.3. J’ai couru mon premier marathon à Paris en avril 2018 et réfléchissais déjà à un nouveau défi. J’avais besoin d’un nouvel objectif. Je fais souvent les choses spontanément. Je surfe un peu sur internet et là je trouve un triathlon à Cascais au Portugal en septembre. Parfait, je ne connais pas cette destination et j’aime bien lier sport et tourisme et j’ai 3 mois devant moi pour me préparer.

De retour à Paris je commence à chercher un vélo : je regarde un peu sur les réseaux sociaux, les forums, questionnent les filles dans mon entourage, mais je suis rapidement perdue. Finalement je me décide et achète un Cannondale : léger, beau, performant. Je suis fière de mon vélo.

Les vacances passent, je cours un peu, je me remets à la nage. Oui parce que la natation, et bien cela fait des années que je n’ai pas nagé.

Le temps fille… M-2, il faudrait que je m’y mette plus sérieusement. Et puis je réalise que c’est quand même ennuyant de faire ce sport seule, que j’aimerais rencontrer des gens dans le même délire car cela rentre dans la peau, cela devient une drogue … Un petit mail au RMA, une réponse, une séance d’essai… et me voilà inscrite 🙂

Mais revenons à ma préparation du 70.3 de Cascais.

Pour le planning, j’en ai trouvé un sur internet que je suivais à peine. C’était surtout pour me donner bonne conscience. Je ne comprenais absolument pas (toujours pas d’ailleurs) le charabia pour la natation et le vélo. Le but étant surtout de faire au moins 100-120km de vélo la semaine, aller 1 ou 2 fois à la piscine par semaine et puis 2 sorties CAP (20-30km la semaine). Pas de pression, surtout du plaisir. Donc je ne peux pas dire que j’ai vraiment suivi un entrainement.

Le stress est en fait arrivé quand j’ai commencé les séances d’entrainement avec le club. J’ai réalisé que mon souffle ne tenait pas, que même après le fractionné la première fois j’avais mal aux jambes pendant 3 jours. Panique à bord! « Oh là là mais je suis folle ! Cela n’a duré qu’une semaine, le temps de tout préparer, organiser et me dire que l’essentiel était de profiter et ne pas se mettre la pression. Car à dire vrai si je ne me serais pas lancé ce défi, jamais je ne me serais inscrite au club dès septembre.

Alors c’est ce que j’ai fait. Arrivée samedi avec mon vélo sur l’épaule (merci Stéphane pour le sac !!), je fais mon enregistrement, fais assembler mon vélo et me dirige vers la zone de transition. J’accroche le vélo, prépare et accroche les sacs (bike, run). C’est comme un conte de fée, je suis dans le brouillard total. Deux jours plus tard je ne réalise toujours pas ce que j’ai fait. Un rêve auquel j’ai pensé pendant des mois, qui me semblait inatteignable, et bien c’était là, une réalité. Stress ? Pas du tout. J’étais parfaitement zen mais surtout très excitée que cela commence. Un petit coup de stress peut être en passant vers 18h30 dans le village avec les boutiques IM éphémères. Je vois les lunettes de natation et réalise que j’ai oublié les miennes à Paris !!! J’ai tout pris, tout, même un bonnet pour eau froide mais j’ai oublié les lunettes dans mon sac de piscine… Lunettes achetées, le stress disparaît et je vais dîner.

Couchée à 21h, réveil 4h30. Je suis restée dans un B&B avec un host absolument adorable, jamais vu cela: mon petit déjeuner m’attendait à 5h du matin (fruits, thé, yogourt, tartines) avec un petit mot de soutien et une chaîne française allumée pour ne pas me sentir seule. Je mange, m’habille et me dirige avec les affaires de natation dans mon nouveau sac à dos IM (trop fière !) vers le village. La maison est à 30-40 min à pieds alors je trotte tranquillement pour m’échauffer.

Je repasse à la zone de transition mettre mon bidon d’eau sur le vélo, les chaussettes dans le sac à vélo (je ne peux pas sans chaussettes). La zone de transition entre le swim et bike est couverte de tapis rouge, bien que longue de 600m.

J’enfile ma combinaison de natation (merci Léonie !) et me dirige vers l’océan pour l’échauffement. Départ prévu pour 7h30 pour les pro. C’est une première pour moi de nagé en combinaison, dans une eau à 19 degrés et en crawl sur 1.9km…Suspense et puis surprise, je flotte, j’arrive à respirer ! Oh c’est trop cool de nager avec la combinaison en fait. Je fais quelques longueurs avant de revenir dans mon SAS.

Aller, on y va ! J’en peux plus d’attendre. Les pro partent les premiers. Applaudissements. Mon regard les suit et puis là … je vois le ciel devenir rouge, puis orage puis jaune …. Le soleil se lève. Mais quelle beauté ! Je ne peux décrire cette merveille – les bras des nageurs ressemblent à des oiseaux chasseurs sur fonds de ce lever de soleil. Un rêve, je vous promets. J’observe, j’attends mon tour et puis nous voilà partis de la plage. On ne se bouscule pas car départ en différé mais je n’arrive pas à fixer tout de suite ma respiration. Je passe donc en dos crawlé et fais ainsi 400m je pense. La respiration se stabilise, je me retourne et c’est parti. Au bout de 300m je me mets à rêver et faire mes plans sur la comète. Je pense juste à lever parfois la tête pour garder le cap et puis quelques coups de bras, des pieds me rappellent à la réalité. Mais bon quand on a fait de la piscine publique pendant les périodes de forte influence, on connait ! Les 1,9km passent super vite. Je sors, passe sous la douche sous les encouragements de la foule et organisateurs qui nous aident à ouvrir la combi.

Direction la zone de transition mettre les affaires de vélo, sans oublier les genouillères. Hors de question que je retombe et me fasse à nouveau mal. Ras le bol ! Je prends le vélo, saute dessus et c’est parti pour 90km de ballade. La description disait donc 50km de plat et puis direction Sintra … Mystère. Combien de dénivelé ? .Je roule tantôt devant tantôt derrière une femme au nom de Sarah. Au bout de 10-15km elle me fait une remarque et puis on se met à parler. On roule bien, à la même allure alors on commence à échanger sur la course, puis sur la vie, puis sur nos vies. Il est interdit de rouler à coté et il faut garder 12m de distance de sécurité. On se fait reprendre à deux reprises mais on aime bien parler et puis le décor est sympa et 90km c’est long tout seul sans musique ou podcast. On longe l’océan pendant 50km en faisant une boucle. C’est sublime. Il ne fait trop chaud encore. On tourne au niveau d’Estoril. Une petite montée et puis plat à nouveau. On passe par l’autodrome de Cascais, on grimpe un peu sur la colline de Sintra. Rien de méchant. Je m’attendais au pire. Quelques pentes raides mais courtes. J’ai adoré le calme absolu à ces moments avec tous ces cyclistes qui moulinent. Magnifique. Et puis c’est la descente. Cheveux (sous le casque) au vent. Pas du tout mal aux jambes. Je n’ai pas vu passé les 90km. Une moyenne de 27+km/h, soit 3h20 de vélo.

On arrive avec Sarah, en se disant au revoir, on se change et puis c’est partie pour le semi. C’est là que les jambes se font sentir. Je me dis que j’aurais préféré faire 90km supplémentaires de vélo que ces 21km à pieds. Les jambes sont lourdes. Je pars trop vite forcément. Je ralentis, je recroise Sarah. On continue ensemble. Mais ayant fait pas mal de km déjà ces dernières années je sais qu’au bout de 3-4km ça ira mieux. Il faut que le corps s’habitue. Problème de lacets, je laisse partir Sarah devant mais la rattrape au bout de quelques km. Elle a une crampe à la cheville mais elle n’abandonne pas. Je trouve cela tellement courageux de courir malgré les douleurs au corps. Perso je ne sens rien. Alors je décide de rester avec elle. Depuis qu’on roulait ensemble on motivait tout le monde sur le passage, même les supporter. On continue à faire de même en courant. Je suis en sous régime en courant donc je pars devant sans vraiment réaliser. Au bout de 2km je me dis que je ne vais tout de même pas l’abandonner. Chrono ou humain ? Humain bien sûr. J’attends Sarah – « come on don’t stop! » me dit un supporteur – « I am waiting for a friend! 🙂 ». On repart ensemble, avec le sourire la bonne humeur et la motivation pour les autres. Comme je n’ai mal nulle part je peux donner de mon énergie. C’est une ballade le long de l’océan. Ce n’est pas plat ! Ça monte et ça descend mais c’est tout sauf plat contrairement à ce que disait l’organisateur. En moyenne seulement peut être. Les ravitos sont excellents, tous les 3km je dirais avec des fruits, boissons variées, gels. Je suce mes oranges à chaque ravito et m’asperge d’eau. J’adore les oranges en course. Il fait chaud. Le CAP a débuté à midi pour nous. Il doit faire 29 degrés au soleil. Une petite brise est là mais à peine sensible. Pas mal de gens marchent, certains ont des crampes. Ce n’est pas évident. Bon dernier km – Sarah est à bout. Je la motive à max … On ne lâche rien ! Une petite montée avant l’arrivée, histoire que la vie ne nous semble facile, passage sous la douche et on descend vers la baie. Finish line 200m —> à droite. On tourne. Plus que 100m. La foule hurle, applaudit. On se prend la main, levons nos bras en criant aussi notre joie. On court ces derniers 100m main dans la main, heureuses, victorieuses. On traverse la ligne d’arrivée ensemble. WE DID IT. And we did it together! On se prend dans les bras, on se félicite. IM 70.3!! Premier! SEULE? NOOOOO et c’est comme ça que le sport créa l’amitié …

Résumé : 6h26 total (dont 13′ transition) : 43′ swim; 3h17 bike; 2h12 run .

4 jours plus tard je suis déjà inscrite à 2 IM 70.3 + Marathon de Paris 2019 – YUHU que l’entrainement reprenne xo xo xo

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