Retour sur le confinement et la e-ligue Interclubs Triathlon Ile-de-France

Retour sur le confinement et la e-ligue Interclubs Triathlon Ile-de-France

Le Grand Confinement a été une épreuve pour tous, sportifs ou non. Pour nous sportifs, la frustration était grande de ne pas pouvoir sortir faire du vélo, notamment, avec les beaux jours qui arrivaient. Les courses de ce début d’année ont également toutes été annulées ou reportées au deuxième semestre. Dans cet article, Casimir revient sur sa pratique sportive pendant le confinement et l’organisation de la e-ligue Interclubs Triathlon d’Ile-de-France, une compétition de cyclisme virtuel organisée par les clubs de triathlon d’Ile-de-France.

Casimir, tu me disais que tu avais plus roulé pendant ce confinement qu’en temps normal.

En effet, j’ai plus roulé qu’en 2019 pendant le confinement. Enfin, roulé… Disons plutôt que j’ai passé plus de temps à pédaler sur ma selle car malgré tous mes efforts et les litres de sueur au sol, mon vélo est resté dans mon salon, sans avancer d’un mètre ! 

Si j’ai pu rouler, c’est grâce à la plus grande invention de l’humanité, à égalité avec l’impression et la péniciline : le Home-trainer ! Le home trainer est une formidable machine de torture pour les cyclistes masochistes. Le Home Trainer – HT pour les intimes – nous permet de continuer à simuler les conditions de la route tout en restant à la maison. Très utile quand il pleut ou qu’il fait froid, il a fortement gagné en utilité pendant ce confinement ! J’en avais d’ailleurs 2 d’occasion que je n’arrivais pas à revendre et qui sont partis en moins d’1 heure après le discours de Macron en mars.

Nous avons donc commencé, une fois par semaine, un nouveau rituel du dimanche matin avec les copains du club. Pendant que nos conjoints, collocs, chats ou chiens faisaient la grasse matinée, nous posions notre vélo sur le HT, le connections à une application et partions pour une sortie de groupe. Le HT reproduit les sensations de la route : la résistance augmente quand ça monte et inversement, quand on est derrière un autre cycliste, on bénéficie de son aspiration et on a moins à pédaler pour maintenir la même vitesse, etc.

Peux-tu nous parler de la compétition de cyclisme virtuel dont tu étais l’un des organisateurs ?

Au bout de quelques temps, le 7 avril, j’ai entendu parler d’un projet lancé par Sénart triathlon – Quae sunt Caesaris Caesari, comme on dit – de non seulement faire du vélo mais de faire des compétitions, en Interclubs. Nous avons donc rejoint un petit groupe de 8 organisateurs, tous de clubs différents, et avons commencé à discuter de l’organisation des courses, de choisir les parcours, des moyens de noter les temps et classements. Au fur et à mesure que nous discutions, d’autres clubs franciliens avaient vent de notre projet et nous rejoignaient. 

Nous étions partis au départ pour faire des “meetup privés”, une fonctionnalité de Zwift (l’application de simulation de vélo que nous utilisons), mais craignons de dépasser la jauge maximum de 50 coureurs. Nos doutes ont assez peu duré : à la fin de la journée, nous étions près de 15 clubs et plus de 200 inscrits à la première course, le 11 avril ! 

Le samedi, tout était donc prêt. Nous étions tous là, sur la ligne de départ. Chacun seul de son côté, mais tous les coureurs du club (RMA Paris Triathlon) étions connectés par la voix et pouvions parler ensemble durant tout l’échauffement et la course. Le stress d’avant course est palpable. C’est pour moi une sensation étrange : je n’ai pas fait la moindre compétition sportive depuis le half de Nice début septembre 2019 ! 

C’est le décompte : 5,4,3,2,1, Go ! 

On retrouve la même soif de se dépasser et de dépasser l’autre que dans une vraie course : on est à bloc dès le début. Les pelotons se forment rapidement et je reste le plus longtemps possible dans le premier peloton, en surrégime et avec le goût du sang dans la bouche, mais tiens tant bien que mal. Je me fais finalement larguer avec un petit groupe et finis à 30s du vainqueur, en 6e place. Content de ma course, mais aussi content de faire ça en club et de retrouver le goût de la compétition.

Le concept a plu et nous avons donc choisi de renouveler les courses tous les samedis. Avec Alexandre (de Sénart Triathlon), nous avons pris la main pour un peu structurer la course : inscription plus rapide et automatique, calcul des scores et des classements, accroissement du nombre de clubs et de participants, etc.

Nous avons donc lancé un rituel du samedi : se connecter à Zwift, se connecter à Discord pour discuter avec les copains du club pendant la course (on pensait au départ avoir des stratégies de courses communes et se les communiquer tout en roulant, finalement c’est devenu juste un râle bufflesque continu).
Ce qui est très agréable c’est justement que ces courses virtuelles sont presque plus sociales que les sorties réelles : On voit en temps réel qui est devant, à côté ou derrière soi au lieu d’être le nez dans le guidon, on peut encourager des copains pendant la course même s’ils sont plusieurs minutes derrière ou devant, on peut discuter alors qu’en sortie vélo en général ça ne discute pas beaucoup (en tout cas pas dans le “groupe 1”)

Sur la lancée de ce championnat j’ai par la suite mis en place une idée soufflée par Henri : une course par étape, sur 2 weekends de 3 jours où le classement final est la somme de toutes les étapes.

Avec une course créée 2 jours avant le départ, et un emploi du temps exigeant (être disponible à une heure donnée pendant 6 jours), plus de 80 courageux ont répondu à l’appel. J’ai ainsi rapidement pu choisir des courses différentes : un critérium, une course en montagne, qui reproduisait la montée mythique de l’Alpe d’Huez, une course plate, un contre-la-montre, etc. et gérer le chronométrage.

Il est amusant de voir par ailleurs que dès qu’on organise une événement sportif, le flot de réclamation et de plaintes ou suggestions arrive vite ! Et quels que soient les classements ou les niveaux. Mais cela ne rendait le plaisir de l’organisation que plus grand ! 

Pour ces 2 courses, nous sommes assez rapidement montés en compétence : plusieurs personnes ont été volontaires pour diffuser les courses en streaming en direct sur Youtube ici et , nous avons peaufiné les règlements et les méthodes pour gérer et extraire les données d’un grand nombre de coureur rapidement et avoir un système bien rodé ! 

Nous avons terminés ces deux compétitions le 10 mai. Plus de 400 athlètes ont participé à au moins l’une des deux, et ce format original va nous manquer. 

Même si nous avons le droit de rouler, les compétitions ne risquent pas de reprendre tout de suite et nous allons continuer d’en organiser pour les motivés, en gardant la spécificité de l’esprit club.

En attendant, je vais aller rouler dehors, seul. Mais pouvoir discuter sur Discord tout en roulant va me manquer…

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